Dépannage

Nouveau PC gamer mais FPS décevants : les vérifications à faire

Vous avez monté une machine taillée pour le 1440p et elle peine dans des jeux qu'elle devrait avaler ? Avant de soupçonner la carte graphique, vérifiez les branchements et les réglages : un câble sur la mauvaise sortie, un écran resté à 60 Hz ou une mémoire sans profil suffisent à gâcher les performances. Voici les vérifications à faire, de la plus fréquente à la plus rare, avec à chaque fois le moyen de trancher.

Pas de voyant précis : diagnostic par les symptômes

Niveau
Niveau requis : Accessible à un débutant
Diagnostic
Temps de diagnostic estimé : 45 min

Diagnostic express

Symptômes traités dans ce guide

  • Performances décevantes

Les causes à passer en revue, de la plus fréquente à la plus rare :

  1. Écran branché sur une sortie vidéo de la carte mère

    À vérifier : Le câble doit partir des sorties de la carte graphique. Dans le Gestionnaire des tâches, regardez quel GPU travaille pendant une partie.

    Très fréquente
  2. Écran resté à 60 Hz dans Windows

    À vérifier : Paramètres, Système, Écran, Affichage avancé : choisissez la fréquence maximale. Sinon, essayez un câble DisplayPort et vérifiez l'entrée de l'écran.

    Très fréquente
  3. Profil EXPO ou XMP non activé

    À vérifier : Gestionnaire des tâches, Performances, Mémoire : la vitesse affichée doit correspondre à celle du kit acheté.

    Fréquente
  4. Réglages du jeu limitants : synchronisation, limite d'images, préréglage

    À vérifier : Contrôlez définition, préréglage, limite d'images, synchronisation verticale et mode d'upscaling dans les options du jeu.

    Fréquente
  5. Pilote graphique générique ou pilote du chipset absent

    À vérifier : Installez le pilote du fabricant (NVIDIA App, AMD Software ou Intel Graphics Software) et le pilote du chipset de la carte mère.

    Fréquente
  6. Processeur limitant en 1080p avec une carte puissante

    À vérifier : Affichez l'utilisation du GPU en jeu : nettement sous 90 % sans limite d'images, c'est le processeur qui plafonne.

    Fréquente
  7. Barrettes de mémoire en simple canal

    À vérifier : Comparez les emplacements utilisés avec ceux recommandés par le manuel de la carte mère, le plus souvent A2 et B2.

    Fréquente
  8. Carte graphique dans un emplacement PCIe câblé en x4

    À vérifier : GPU-Z, champ Bus Interface, pendant le test de rendu : la valeur de droite doit égaler celle de gauche.

    Rare
  9. Surchauffe et baisse de fréquence

    À vérifier : HWiNFO pendant une partie : températures et fréquences du processeur et du GPU qui chutent après quelques minutes.

    Rare
  10. Composant défectueux

    À vérifier : Après toutes les autres vérifications, écart supérieur à 15-20 % avec les tests publiés à réglages identiques.

    Rare

Écran branché sur la carte mère : l’erreur classique

C’est la cause la plus fréquente après un premier montage, et la plus simple à corriger. La plupart des Ryzen 9000 et des Core Ultra 200S intègrent une petite partie graphique : les sorties HDMI et DisplayPort de la carte mère fonctionnent donc, et l’écran s’allume normalement. Mais si le câble y est branché, l’image passe par le processeur. Selon les cas, le jeu tourne alors sur cette partie graphique intégrée, très modeste, ou sur la carte graphique avec une recopie d’image supplémentaire qui coûte des performances. Dans les deux cas, vous n’obtenez pas ce que vous avez payé.

Vérifiez à l’arrière du boîtier : le câble doit partir des sorties alignées sur l’équerre de la carte graphique, plus bas, et non du bloc de connecteurs vertical de la carte mère. Dans le doute, ouvrez le Gestionnaire des tâches pendant une partie, onglet Performances : si deux processeurs graphiques apparaissent (GPU 0 et GPU 1), regardez lequel travaille. Avec un processeur F ou KF, dépourvu de partie graphique, l’erreur ne passe pas inaperçue : l’écran reste noir, et c’est notre méthode pour un PC qui ne démarre pas après montage qu’il faut suivre. Les bons gestes sont rappelés dans l’étape installer la carte graphique.

Fréquence de rafraîchissement restée à 60 Hz

Deuxième grand classique : vous avez acheté un écran à 144, 165 ou 240 Hz, mais Windows l’utilise à 60 Hz. Si la synchronisation verticale est active, le jeu plafonne à 60 images par seconde ; et même sans elle, l’écran n’affiche jamais plus de 60 images différentes par seconde. Le compteur de FPS peut sembler correct, la fluidité n’est pas au rendez-vous.

Ouvrez Paramètres, Système, Écran, puis Affichage avancé, et choisissez la valeur la plus élevée dans « Choisir une fréquence d’actualisation ». Si la fréquence maximale de votre écran n’apparaît pas :

  • branchez l’écran en DisplayPort quand c’est possible, ou avec un câble HDMI certifié pour la définition et la fréquence visées ;
  • vérifiez dans le menu de l’écran qu’aucun réglage ne bride l’entrée utilisée : sur certains modèles, la fréquence maximale dépend de l’entrée ;
  • contrôlez que le pilote graphique du fabricant est bien installé ;
  • dans le jeu, vérifiez que la fréquence d’affichage et la limite d’images ne sont pas réglées sur 60.

RAM sans profil EXPO ou XMP, ou en simple canal

Au premier démarrage, la mémoire fonctionne à une vitesse standard prudente, définie par l’organisme JEDEC, et non à la vitesse inscrite sur la boîte. Un kit de DDR5 vendu pour 6 000 MT/s peut ainsi tourner à 4 800 ou 5 600 MT/s tant que vous n’avez pas activé son profil EXPO (le format d’AMD) ou XMP (celui d’Intel) dans le BIOS. Les jeux sensibles à la mémoire le ressentent nettement.

Pour vérifier, ouvrez le Gestionnaire des tâches, onglet Performances, rubrique Mémoire : la vitesse affichée doit correspondre à celle du kit, et la ligne « Emplacements utilisés » doit indiquer 2 sur 4 si vous avez deux barrettes. Profitez-en pour contrôler leur position. Sur une carte à quatre emplacements, deux barrettes vont presque toujours en A2 et B2, soit les deuxième et quatrième emplacements en partant du processeur. Placées côte à côte, elles peuvent se retrouver sur le même canal : la bande passante théorique est alors divisée par deux. Le manuel de la carte mère fait foi. L’activation du profil est détaillée à l’étape 13.

Carte graphique dans le mauvais slot PCIe

Sur la plupart des cartes mères, seul l’emplacement PCIe x16 le plus proche du processeur reçoit toutes les lignes de données. Les autres emplacements de même longueur sont souvent câblés en x4, via le chipset. Exemple concret : avec un Ryzen 7000 ou 9000, l’ASUS TUF Gaming B850-Plus WiFi offre un premier emplacement PCIe 5.0 x16 relié au processeur, et un second de même format, relié au chipset, qui ne fonctionne qu’en x4, en PCIe 4.0, et se désactive quand le port M.2_3 est occupé. Une carte graphique installée dans ce second emplacement fonctionne, mais avec quatre fois moins de lignes.

L’utilitaire gratuit GPU-Z affiche le lien réel dans son champ « Bus Interface », sous la forme « PCIe x16 5.0 @ x16 5.0 » : à gauche ce que la carte sait faire, à droite ce qu’elle obtient. Au repos, la carte réduit sa vitesse de liaison pour économiser l’énergie ; lancez le petit test de rendu proposé à côté de ce champ pour lire la valeur en charge. Sachez aussi que certaines cartes graphiques d’entrée de gamme n’utilisent que huit lignes par conception, et que sur certaines cartes mères, occuper un port M.2 précis fait passer le premier emplacement en x8 : le manuel le signale dans son tableau de partage des lignes.

Pilotes, mode d’alimentation et paramètres du jeu

Le pilote graphique. Celui que Windows installe automatiquement permet d’afficher le bureau, pas de jouer dans de bonnes conditions. Installez le pilote du fabricant avec NVIDIA App, AMD Software: Adrenalin Edition ou Intel Graphics Software, puis le pilote du chipset, depuis le site d’AMD ou d’Intel ou la page de support de votre carte mère. L’ordre complet est détaillé à l’étape 14.

Le mode d’alimentation. Dans Paramètres, Système, Alimentation, vérifiez que Windows n’est pas réglé sur le mode qui privilégie l’économie d’énergie : sur un PC de jeu, « Équilibré » ou « Meilleures performances » conviennent.

Resizable BAR. Cette option du BIOS permet au processeur d’accéder d’un bloc à toute la mémoire de la carte graphique (AMD l’appelle Smart Access Memory). Son effet varie selon les jeux, mais elle compte particulièrement avec les cartes Intel Arc. Vérifiez qu’elle est active en suivant l’étape configurer le BIOS.

Les réglages du jeu. Beaucoup de jeux choisissent un préréglage au premier lancement, parfois mal adapté. Vérifiez la définition (celle de l’écran), la limite d’images, la synchronisation verticale et le mode d’upscaling (DLSS, FSR ou XeSS). Si vous activez la génération d’images, gardez en tête que le compteur inclut des images calculées par interpolation : pour comparer avec un test, utilisez exactement les mêmes options. Et ne jugez pas un jeu sur ses premières minutes : au premier lancement, ou après une mise à jour du pilote, de nombreux jeux compilent leurs shaders, ce qui provoque des saccades passagères.

Goulot d’étranglement et températures

Parfois, rien n’est mal réglé : c’est le processeur qui limite. En 1080p avec une carte graphique haut de gamme, la carte attend le processeur, et le nombre d’images par seconde plafonne quel que soit le réglage graphique. Pour le savoir, affichez l’utilisation de la carte graphique en jeu, avec la surcouche de NVIDIA App ou d’AMD Software, ou avec HWiNFO. Si elle reste nettement sous 90 % alors que les FPS vous déçoivent et qu’aucune limite d’images n’est active, le processeur est le facteur limitant : augmenter la définition ou les réglages ne fera presque pas baisser les FPS. Notre méthode pour équilibrer processeur et carte graphique explique comment éviter ce déséquilibre dès l’achat.

Autre piste : la chaleur. Un processeur ou une carte graphique qui atteint sa limite de température réduit sa fréquence pour se protéger, et les FPS chutent après quelques minutes de jeu. Surveillez températures et fréquences avec HWiNFO pendant une partie, et comparez avec notre guide des températures normales en jeu.

Astuce : une baisse progressive des FPS au fil de la partie, alors que le début était fluide, oriente vers la température. Des FPS bas dès la première seconde orientent vers un réglage ou un branchement.

Comparer ses résultats aux tests publiés

Pour savoir si votre PC est vraiment sous-performant, comparez-le à une référence fiable, dans les mêmes conditions : même jeu, même scène ou benchmark intégré, même définition, même préréglage, même mode d’upscaling. Les tests de la presse spécialisée utilisent souvent le processeur le plus rapide du moment pour isoler la carte graphique : avec un processeur plus modeste, un écart est normal, surtout en 1080p.

Pour un repère indépendant des jeux, la version de démonstration gratuite de 3DMark sur Steam propose notamment Steel Nomad et Time Spy, dont les scores figurent dans de nombreux tests de cartes graphiques. Un écart de quelques pour cent n’a rien d’inquiétant. Un écart de 15 à 20 % ou plus, une fois toutes les vérifications faites, justifie la procédure complète de notre étape tester son PC après montage, puis, si rien ne change, un contact avec le vendeur.

La vérification express, dans l’ordre

  1. Le câble de l’écran part-il de la carte graphique ?
  2. Windows affiche-t-il la fréquence maximale de l’écran ?
  3. La mémoire tourne-t-elle à la vitesse du kit, avec deux barrettes dans les emplacements recommandés ?
  4. GPU-Z indique-t-il le même nombre de lignes PCIe des deux côtés du champ Bus Interface ?
  5. Le pilote graphique du fabricant et celui du chipset sont-ils installés ?
  6. Les options du jeu (définition, limite d’images, synchronisation, upscaling) correspondent-elles à vos attentes ?
  7. Températures et fréquences restent-elles stables après vingt minutes de jeu ?

Sept « oui » et des performances toujours en retrait : il est temps de mesurer précisément, puis de faire jouer la garantie si l’écart se confirme.

Quand contacter le SAV

Contactez le vendeur quand toutes les vérifications sont faites (sortie vidéo, fréquence d'écran, profil mémoire, emplacement PCIe, pilotes, températures) et que l'écart avec les tests publiés reste supérieur à 15 à 20 % à réglages identiques, ou si la carte graphique plante, affiche des artefacts ou n'atteint jamais sa fréquence annoncée. Notez vos mesures (scores 3DMark, relevés HWiNFO, captures du champ Bus Interface de GPU-Z) : elles appuieront votre demande au titre de la garantie légale de conformité, due par le vendeur pendant deux ans.

Questions fréquentes

Comment savoir si mon écran 144 Hz fonctionne vraiment à 144 Hz ?

Ouvrez Paramètres, Système, Écran, puis Affichage avancé : la fréquence actuelle y est indiquée, et la liste « Choisir une fréquence d'actualisation » montre les valeurs disponibles. Si la fréquence maximale manque, essayez un câble DisplayPort, vérifiez que l'écran est bien branché sur la carte graphique et que le pilote du fabricant est installé. Beaucoup d'écrans affichent aussi la fréquence reçue dans leur menu d'informations.

Faut-il vraiment activer le profil EXPO ou XMP pour jouer ?

Oui, si vous voulez profiter de la mémoire que vous avez payée. Sans profil, un kit de DDR5 tourne à une vitesse standard prudente, souvent 4 800 ou 5 600 MT/s, au lieu des 6 000 MT/s annoncés par exemple. L'activation se fait en un réglage dans le BIOS. Vérifiez ensuite la stabilité avec MemTest86 : si des erreurs apparaissent, essayez un profil un cran plus lent.

Pourquoi mes FPS ne bougent pas quand je baisse les graphismes ?

C'est le signe que la carte graphique n'est pas le facteur limitant. Soit une limite d'images est active (synchronisation verticale, limiteur du jeu ou du pilote), soit le processeur n'arrive pas à préparer les images plus vite, ce qui arrive surtout en 1080p avec une carte puissante. Affichez l'utilisation de la carte graphique en jeu : si elle reste nettement sous 90 %, cherchez du côté de la limite d'images ou du processeur.

Les premières minutes de jeu saccadent sur mon PC neuf : est-ce normal ?

Souvent, oui. Au premier lancement d'un jeu, ou après une mise à jour du pilote graphique, beaucoup de jeux compilent leurs shaders, ces petits programmes qui calculent l'affichage. Cela provoque des saccades passagères, parfois un écran de chargement plus long. Jugez les performances après quelques minutes, ou au second lancement. Si les saccades persistent, vérifiez la fréquence de la mémoire et les températures.

Sources

  1. ASUS : caractéristiques de la TUF Gaming B850-Plus WiFi (emplacements PCIe) asus.com
  2. 3DMark sur Steam (tests inclus dans la version de démonstration) store.steampowered.com
  3. Microsoft : modifier le taux d'actualisation de votre moniteur dans Windows support.microsoft.com
  4. HWiNFO, Wikipédia en anglais (fonctions de surveillance) en.wikipedia.org