Montage · étape 12
Étape 12 : configurer le BIOS UEFI après le montage
Le PC démarre et affiche une image : le plus dur est fait. Avant d'installer Windows, un passage par le BIOS permet de vérifier que tout est reconnu, de mettre à jour le micrologiciel si nécessaire et d'activer les quelques options qui comptent vraiment. Comptez une demi-heure, sans toucher aux réglages risqués.
Étape 12 sur 15
- Difficulté
- Difficulté : Intermédiaire
- Durée
- Durée estimée : 30 min
- Composants
-
- Carte mère
- BIOS et logiciels
- Ventilateurs
- Refroidissement
Liens affiliés : en tant que Partenaire Amazon, nous réalisons un bénéfice sur les achats remplissant les conditions requises. Cela ne change rien au prix payé et n’influence pas notre sélection.
Outils et fournitures
Cochez chaque outil quand il est sur la table.
Points de vigilance
- Ne coupez jamais l'alimentation pendant une mise à jour du BIOS et n'appuyez pas sur Clear CMOS tant que le voyant Flashback clignote.
- Téléchargez le BIOS de votre modèle exact, révision comprise, uniquement sur le site du fabricant de la carte mère.
- Mettez à jour avant d'installer Windows : la mise à jour remet les réglages par défaut et peut perturber le fTPM, donc BitLocker.
- Laissez tensions et overclocking automatique sur Auto pour un premier montage.
- Désactivez le CSM : Resizable BAR et démarrage sécurisé en dépendent.
Entrer dans le BIOS et passer en mode avancé
Le « BIOS » de votre carte mère est en réalité un micrologiciel UEFI : une interface graphique utilisable à la souris, stockée sur une puce de la carte, qui initialise le matériel avant de passer la main à Windows. Le vieux nom est resté dans l’usage, y compris chez les fabricants. C’est là que se règlent la mémoire, l’ordre de démarrage, les ventilateurs et les options de sécurité qu’exige Windows 11. Si vous arrivez de l’étape du premier démarrage, vous y êtes peut-être déjà.
Pour y entrer, appuyez plusieurs fois sur Suppr (Delete) juste après avoir allumé le PC, ou sur F2 selon les cartes : la plupart affichent brièvement la bonne touche au démarrage, et le manuel l’indique toujours. Une fois Windows installé, vous pourrez aussi passer par Paramètres > Système > Récupération > Démarrage avancé > Redémarrer maintenant, puis Résoudre les problèmes > Options avancées > Paramètres du microprogramme UEFI.
Le BIOS s’ouvre souvent sur un écran simplifié (le mode EZ chez ASUS) qui résume l’essentiel : processeur, mémoire, températures, disques. Les réglages fins se trouvent dans le mode avancé, que l’on ouvre chez ASUS avec la touche F7. Les menus changent d’une marque à l’autre, et parfois d’une version de BIOS à la suivante : gardez le manuel de votre carte mère ouvert à côté de vous, c’est lui qui fait foi.
Vérifier que tout le matériel est détecté
Avant de régler quoi que ce soit, faites l’inventaire. Ce contrôle de deux minutes évite de chercher plus tard une panne qui n’en est pas une.
- Processeur : le modèle exact doit apparaître, par exemple Ryzen 7 9800X3D ou Core Ultra 7 270K Plus. Un nom générique ou incomplet peut signaler un BIOS trop ancien pour cette puce.
- Mémoire : la capacité totale doit correspondre à votre kit, soit 32 Go pour deux barrettes de 16 Go. S’il manque la moitié, une barrette est mal enfoncée : éteignez, débranchez le cordon secteur et réenfoncez-la jusqu’au clic des loquets. La vitesse affichée est pour l’instant inférieure à celle inscrite sur la boîte. C’est normal, on la corrige à l’étape suivante.
- Stockage : votre SSD M.2 doit figurer parmi les périphériques de stockage ou de démarrage. S’il manque, vérifiez sa vis ou son loquet et l’emplacement utilisé.
- Ventilateurs et pompe : la page de surveillance du matériel affiche la vitesse de chaque connecteur. Le connecteur CPU_FAN doit indiquer une rotation ; un connecteur à 0 tr/min alors qu’un ventilateur y est branché trahit un câble mal enfoncé ou branché ailleurs.
- Températures : au repos dans le BIOS, la température du processeur doit se stabiliser loin de sa limite. Si elle grimpe sans arrêt, éteignez : le refroidissement touche mal le processeur, ou le film plastique est resté sous sa base.
La carte graphique n’est pas toujours listée dans le BIOS. Si l’image s’affiche alors que l’écran est branché sur ses sorties, elle fonctionne.
Mettre à jour le BIOS : quand et comment
Mettre à jour le BIOS n’est pas un rituel obligatoire. Faites-le dans trois cas : votre processeur est plus récent que la carte mère et le fabricant exige une version minimale dans sa liste de compatibilité ; une nouvelle version corrige un problème qui vous concerne (stabilité, compatibilité mémoire, sécurité) ; ou le support du fabricant la recommande pour un défaut que vous constatez. Comparez la version affichée sur la page principale du BIOS avec celle proposée sur la page de téléchargement de votre modèle, et lisez les notes de version. Cette question se prépare d’ailleurs dès l’achat : bien choisir sa carte mère, c’est aussi vérifier qu’elle propose un bouton de mise à jour sans processeur.
Le meilleur moment, c’est maintenant, avant d’installer Windows. Une mise à jour remet les réglages du BIOS par défaut et peut perturber le module de sécurité intégré au processeur (fTPM). Sur un PC déjà installé, ASRock demande donc de suspendre BitLocker et de mettre de côté la clé de récupération avant de flasher, et recommande même de désactiver le fTPM : sans cette clé, un système chiffré peut refuser de démarrer. Sur un PC encore vide, ce risque n’existe pas.
Depuis le BIOS lui-même
- Sur un autre ordinateur, téléchargez le fichier depuis la page support de votre modèle exact, sur le site du fabricant de la carte mère. Vérifiez aussi la révision de la carte, imprimée sur le carton ou sérigraphiée sur le circuit.
- Décompressez l’archive et copiez le fichier sur une clé USB formatée en FAT32.
- Dans le BIOS, ouvrez l’outil de mise à jour intégré (EZ Flash chez ASUS, dans le mode avancé ; les autres marques ont un équivalent sous leur propre nom), choisissez la clé puis le fichier.
- Laissez travailler sans toucher à rien : la machine redémarre seule, parfois plusieurs fois. Ne coupez jamais l’alimentation pendant l’écriture.
Avec le bouton BIOS Flashback
Beaucoup de cartes récentes ont, à l’arrière, un bouton associé à un port USB repéré, qui flashe le BIOS sans démarrer le PC. ASRock précise que sa fonction marche même sans processeur installé : c’est la solution quand la carte refuse de démarrer avec un processeur trop récent pour son BIOS. Le fichier doit souvent être renommé (ASUS fournit l’utilitaire BIOSRenamer, ASRock demande le nom creative.rom pour sa B850 Steel Legend WiFi) : suivez le manuel de votre carte à la lettre. Pendant l’opération, un voyant clignote ; chez ASUS, elle prend environ huit minutes selon la taille du fichier. Quand le voyant s’éteint, c’est terminé.
Attention : ne débranchez ni la clé ni l’alimentation pendant le flash, et n’appuyez pas sur le bouton Clear CMOS. Si vous devez réinitialiser le BIOS juste après une mise à jour, ASRock demande de démarrer une première fois puis d’éteindre avant de le faire.
Les réglages utiles : Resizable BAR, TPM et Secure Boot
Resizable BAR
Cette option de l’interface PCI Express permet au processeur d’accéder à la mémoire de la carte graphique par blocs plus grands. NVIDIA mesure dans certains jeux un gain de quelques pour cent, jusqu’à 12 %, et reconnaît que d’autres perdent des performances : son pilote ne l’exploite donc que dans les titres où elle aide. Vous pouvez l’activer sans crainte. Chez ASUS, l’option figure directement dans le mode EZ (icône Resize BAR, à passer sur On) et demande que le lancement du CSM, le module de compatibilité avec les anciens systèmes, soit désactivé (Launch CSM sur Disabled). Pour vérifier le résultat, ouvrez le Panneau de configuration NVIDIA > Aide > Informations système, ligne Resizable BAR, ou l’utilitaire GPU-Z.
TPM 2.0
Windows 11 exige un module de plateforme sécurisée (TPM) en version 2.0. Sur un PC de bureau récent, il est intégré au processeur : l’option s’appelle AMD fTPM ou Intel PTT (Platform Trust Technology), parfois Security Device Support ou TPM State, souvent rangée dans un sous-menu Advanced, Security ou Trusted Computing. Microsoft le signale : la plupart des cartes mères vendues seules, destinées à ceux qui montent leur PC, sont livrées avec le TPM désactivé par défaut. Activez-le. Une fois Windows installé, la commande tpm.msc confirme la version de spécification 2.0.
Secure Boot (démarrage sécurisé)
Le démarrage sécurisé n’autorise au lancement que des logiciels signés et approuvés, ce qui barre la route à une famille de logiciels malveillants. Windows 11 demande un microprogramme UEFI compatible avec cette fonction : le mode de compatibilité CSM (ou « Legacy ») doit être désactivé et le démarrage UEFI choisi en priorité. L’option Secure Boot se trouve dans le menu Boot ou Security selon les marques.
Régler les courbes des ventilateurs
Par défaut, la carte applique un profil standard, correct mais parfois bruyant. Commencez par identifier vos connecteurs, sérigraphiés sur la carte. Sur une ASRock B850 Steel Legend WiFi, par exemple : CPU_FAN1 et CPU_FAN2 pour le ventirad, AIO_PUMP pour la pompe d’un watercooling, CHA_FAN1 à CHA_FAN3 pour les ventilateurs du boîtier. Sur ce modèle, CPU_FAN2, AIO_PUMP et les trois CHA_FAN détectent seuls si le ventilateur est en 3 broches (régulé par la tension, mode DC) ou en 4 broches (régulé en PWM) ; sur d’autres connecteurs ou d’autres cartes, le mode se choisit à la main dans le menu des ventilateurs.
Une courbe associe une vitesse à une température. Pour le ventirad, appuyez-la sur la température du processeur. Point de départ à ajuster à l’oreille : vitesse basse et constante jusque vers 50 °C, montée progressive ensuite, plein régime avant la limite du processeur. Les processeurs modernes connaissent des pointes de température très brèves à chaque sollicitation ; si votre BIOS propose un temps de réaction ou de lissage pour les ventilateurs, quelques secondes suffisent à éviter des accélérations incessantes.
Pour un watercooling AIO, la pompe se règle à part : appliquez la recommandation du fabricant de l’AIO (vitesse fixe ou courbe dédiée) et ne la laissez pas réguler comme un simple ventilateur. Les ventilateurs du radiateur et du boîtier peuvent suivre une courbe. Le placement et le sens de chaque ventilateur sont détaillés à l’étape consacrée au flux d’air.
L’ordre de démarrage pour installer Windows
Pour installer Windows, le PC doit démarrer sur la clé USB préparée à l’étape suivante. Deux solutions : placer la clé en tête des priorités de démarrage (Boot Option #1 ou équivalent), ou appeler le menu de démarrage ponctuel avec la touche de fonction indiquée dans votre manuel. La seconde est plus propre, puisqu’elle ne modifie rien durablement.
Si la clé apparaît deux fois dans la liste, choisissez l’entrée précédée de « UEFI » : Windows s’installera alors en mode UEFI, condition du démarrage sécurisé. Après l’installation, l’entrée Windows Boot Manager doit occuper la première place ; c’est en général automatique. Si le PC redémarre sur la clé à la fin de l’installation, retirez-la simplement.
Ce qu’il vaut mieux ne pas toucher
Le BIOS d’une carte « gaming » regorge de réglages : tensions, limites de puissance, overclocking automatique, sous-timings mémoire. Pour un premier montage, laissez-les sur Auto. ASRock rappelle dans ses manuels que l’overclocking, y compris par les réglages du BIOS, peut nuire à la stabilité et même endommager des composants, à vos risques. Intel précise de son côté que modifier fréquences ou tensions hors de ses spécifications peut annuler la garantie du processeur.
- Tensions du processeur, du contrôleur mémoire ou des barrettes : n’y touchez pas sans savoir exactement pourquoi.
- Overclocking automatique du processeur : il augmente la chaleur et la consommation, pour un gain à mesurer jeu par jeu. Ce sera un sujet pour plus tard, une fois la machine validée.
- Réglages mémoire manuels : la seule manipulation mémoire de ce parcours est l’activation du profil du fabricant, à l’étape suivante.
Vérification : le processeur et toute la mémoire sont reconnus, le SSD apparaît, chaque ventilateur tourne, le TPM est actif, le CSM désactivé, la clé USB est prête à être choisie au démarrage.
Enregistrez avec F10 puis confirmez. Si un réglage empêche le démarrage, un Clear CMOS (bouton ou cavalier décrit dans le manuel) remet tout par défaut. Prochaine étape : activer le profil EXPO ou XMP de votre mémoire, puis installer Windows 11 et les pilotes. Pour situer cette étape dans l’ensemble du parcours, revenez au guide complet du montage.
Erreurs fréquentes
-
Erreur La mémoire affichée vaut la moitié de la capacité installée
La parade Une barrette est mal enfoncée : éteignez, débranchez le cordon secteur et réenfoncez-la jusqu'au clic des loquets.
-
Erreur Windows 11 refuse de s'installer faute de TPM 2.0
La parade Activez AMD fTPM ou Intel PTT, souvent dans un sous-menu Advanced, Security ou Trusted Computing.
-
Erreur Resizable BAR reste inactif
La parade Désactivez Launch CSM, mettez à jour BIOS et pilote graphique, puis vérifiez dans le panneau NVIDIA ou dans GPU-Z.
-
Erreur Le PC redémarre sur la clé USB après l'installation de Windows
La parade Retirez la clé ou placez Windows Boot Manager en tête de l'ordre de démarrage.
-
Erreur Un ventilateur affiche 0 tr/min dans la page de surveillance
La parade Vérifiez le connecteur utilisé et le mode choisi : 3 broches (DC) ou 4 broches (PWM).
Résultat attendu
À la fin de cette étape, le BIOS est à jour si besoin, tout le matériel est reconnu et le PC est prêt à démarrer sur la clé de Windows 11.
Questions fréquentes
Faut-il absolument mettre à jour le BIOS d'une carte mère neuve ?
Non. Si le processeur est reconnu, que le PC est stable et que les notes de version ne corrigent rien qui vous concerne, rien ne vous y oblige. La mise à jour s'impose quand le fabricant exige une version minimale pour votre processeur, ou quand elle corrige un défaut de stabilité, de compatibilité mémoire ou de sécurité. Faites-la de préférence avant d'installer Windows : elle remet les réglages par défaut et, sur un système déjà installé et chiffré, ASRock demande de suspendre BitLocker et de garder la clé de récupération sous la main.
Quelle touche faut-il presser pour entrer dans le BIOS ?
Sur la grande majorité des cartes mères, c'est Suppr (Delete), parfois F2, à presser plusieurs fois juste après la mise sous tension ; l'écran de démarrage affiche souvent la bonne touche pendant une seconde, et le manuel de la carte la précise. Si Windows est installé, passez plutôt par Paramètres, Système, Récupération, Démarrage avancé, puis Résoudre les problèmes, Options avancées et Paramètres du microprogramme UEFI. Le PC redémarre alors directement dans le BIOS.
Activer Resizable BAR fait-il vraiment gagner des images par seconde ?
Parfois. NVIDIA a mesuré des gains de quelques pour cent, jusqu'à 12 % dans certains jeux, mais aussi des baisses dans d'autres : son pilote n'utilise donc la fonction que dans les titres où elle aide. Vous pouvez l'activer sans risque et laisser le pilote décider. Sur les cartes ASUS, l'option demande que le lancement du CSM soit désactivé ; vérifiez ensuite qu'elle est bien active dans les informations système du panneau NVIDIA ou dans GPU-Z.
Pourquoi Windows 11 refuse-t-il de s'installer en parlant de TPM ?
Parce que Windows 11 exige un TPM 2.0 et que beaucoup de cartes mères vendues seules sont livrées avec ce module désactivé, comme le signale Microsoft. Activez-le dans le BIOS : il s'appelle AMD fTPM sur les plateformes AMD et Intel PTT sur les plateformes Intel, parfois Security Device Support, dans un menu Advanced, Security ou Trusted Computing. Vérifiez aussi que le CSM est désactivé et que la clé démarre en mode UEFI.
Le PC ne démarre plus après un réglage du BIOS : que faire ?
Réinitialisez le BIOS avec un Clear CMOS : bouton dédié à l'arrière sur certaines cartes, ou cavalier à court-circuiter quelques secondes PC éteint et débranché, selon le manuel. Tous les réglages reviennent alors aux valeurs d'usine et il suffit de refaire les quelques réglages utiles un par un. Juste après une mise à jour du BIOS, ASRock demande de démarrer une première fois puis d'éteindre avant tout Clear CMOS.
Sources
- ASUS : activer Resizable BAR dans le BIOS (FAQ 1046107) asus.com
- ASUS : mettre à jour le BIOS avec USB BIOS FlashBack (FAQ 1038568) asus.com
- ASRock : manuel de la carte mère B850 Steel Legend WiFi (PDF) download.asrock.com
- Microsoft : activer TPM 2.0 sur votre PC support.microsoft.com
- Microsoft : Windows 11 et démarrage sécurisé support.microsoft.com
- NVIDIA : Resizable BAR sur les GeForce RTX nvidia.com